La croisière maritime

L’essentiel

593 000 : c’est le nombre de passagers français qui ont embarqué sur une croisière en 2014, soit une hausse de 13,7% par rapport à 2013 selon la Cruise Lines International Association (CLIA). De 2009 à 2014, le nombre de croisiéristes français a quasiment doublé (+91%) alors que le nombre de croisiéristes européens n’a augmenté « que » de 44% sur la même période.

L’événement

PONANT, unique armateur français de navires de croisière,  a  finalisé en octobre 2015 son rachat par ARTÉMIS, holding de la famille Pinault. La Compagnie PONANT, créée en 1988 possède une flotte composée du célèbre trois-mâts Le Ponant et de 4 yachts de croisière dernière génération de 32 à 132 cabines et suites. En 2014, elle a transporté 23000 passagers (+20% par rapport à 2013) et a réalisé un chiffre d’affaires de 120 millions d’euros, en progression également de 20%.

Les chiffres clés

Le nombre de passagers maritimes ayant débuté leur croisière au départ de France a bondi de 32% en 2014, soit 306 600 croisiéristes (source : CLIA).

2,4 millions : c’est le nombre de passagers accueillis dans les ports français en 2014 (incluant les embarquements, les débarquements et les escales), soit une hausse de 1% (source : CLIA).

87% du trafic de la croisière en France a été assuré en 2014 par les trois compagnies leaders, Costa, MSC et Croisières de France.

Si le marché de la métropole est dynamique, le marché des Antilles françaises a réussi une progression de 41% en 2014, avec un taux de pénétration (nombre de personnes ayant déjà fait une croisière, rapporté au nombre total d’habitants) se situant entre 6 et 8%, soit l’un des records mondiaux !

Marseille reste le leader des ports français de croisière, et de très loin, avec 1,315 million de passagers accueillis en 2014, soit une hausse de 11% par rapport à l’année précédente. Le deuxième du classement est Nouméa avec 351 000 passagers.

1,117 milliard d’€ : c’est la contribution directe du secteur de la croisière à l’économie française en 2014, en hausse de 3,8% par rapport à l’année précédente (source : CLIA).

4% : c’est la croissance attendue du secteur de la croisière dans le monde en 2015, une hausse largement portée par celle des capacités puisque 22 navires seront mis en service cette année.

15 000 : c’est le nombre d’emplois générés par l’industrie de la croisière en France en 2014, en croissance de 4,4% par rapport à 2013, dont 25% autour des chantiers navals, de construction et de rénovation.

6 navires font actuellement l’objet de commandes fermes aux chantiers de Saint-Nazaire pour un montant global de plus de 5 milliards d’euros : 2 pour Royal Caribbean, 2 pour MSC Croisières et 2 pour Celebrity Cruises.


3 questions à Cédric Rivoire-Perrochat, directeur général CLIA France (Cruise Lines International Association)

1) Comment se comporte votre secteur d’activité en 2015 ?

2014 a vu une croissance de près de 14% du marché français de la croisière et ce dernier reste dynamique en 2015, avec une nouvelle croissance prévue en raison notamment d’une augmentation des capacités au départ des ports français de métropole et d’outre-mer. Les initiatives des armateurs et des ports permettent une augmentation des ventes dans tous les segments du marché.

2) Quelle est, selon vous, l’évolution la plus marquante de votre secteur (consommateur, réglementation, nouveaux acteurs…) lors des douze derniers mois ?

Groupes multigénérationnels, connectivité avancée, excursions dynamiques ou encore une forte augmentation des voyages vers des itinéraires hors des sentiers battus, sont autant d’évolutions recherchées par la clientèle. De nouveaux entrants sur le marché, tant fluvial que maritime, sont actuellement observés, ce qui ne manquera pas de profiter au développement de la croisière dans les années à venir.

3) Quels sont les deux défis majeurs auxquels votre secteur est confronté ?

Nous avons consolidé  en 2014 notre place de 4ème marché source européen avec près de 600.000 pax maritimes et 150.000 fluviaux. Le taux de pénétration de la croisière reste néanmoins encore faible (0,9%) et les campagnes de communication grand public des compagnies sont importantes. Toutefois, notre principal défi reste la formation des agents de voyages au travers d’un programme complet de découverte et de certification à toute la diversité de notre industrie, dès la fin 2015.


Le voyage d’affaires

L’essentiel

2% : telle serait la croissance des dépenses liées aux déplacements professionnels des entreprises françaises en 2014 selon l’étude annuelle de la GBTA (Global Business Travel Association), à 36 milliards de dollars. Elle prévoit une hausse de 3% en 2015, une croissance tirée davantage par les voyages d’affaires intérieurs (+3,2%) que par ceux à l’étranger (+2,5%).

L’événement

Les frontières entre voyage d’affaires et voyage loisirs sont de plus en plus floues ! Ainsi, selon une étude d’Egencia, 24% des Français prolongent systématiquement leurs voyages d’affaires par quelques jours de loisirs (avant ou après le travail), suivis par les Allemands (20%) et loin derrière, les Anglais (10%). Pour le baromètre Havas Voyages, 65% des 1052 voyageurs interrogés ont travaillé en week-end ou en vacances et 70% d’entre eux utilisent des outils professionnels à des fins personnelles. Face à ce phénomène, appelé « blurring », 63% des voyageurs souhaiteraient que leur agence de voyages professionnelle leur propose aussi des services de loisirs.

Les chiffres clés

35% des travel managers ont prévu d’intégrer les technologies et les dernières tendances du marché à leur politique voyages selon une étude réalisée par Carlson Wagonlit Travel. S’ils sont 38% à envisager sérieusement cette option, 56% d’entre eux prévoient de le faire dès l’année prochaine.

Pour 59% des voyageurs d’affaires, le déplacement professionnel est une activité de plus en plus fatigante selon le dernier baromètre 3Mundi/Déplacements Pro. Pour 21% d’entre eux c’est même une punition, pour 18% d’entre eux une activité comme une autre dans leur entreprise et seulement pour 2% d’entre eux un plaisir sans cesse renouvelé.

En contrepoint des chiffres ci-dessus, une étude réalisée par Egencia montre que 74% des voyageurs d’affaires français s’estiment motivés et heureux en déplacement professionnel, contre 64% en Allemagne.

Toujours selon cette étude, 78% des Français suivent leurs réseaux sociaux pendant leurs déplacements et 77% ont l’habitude de poster contre respectivement 68% et 73% pour les Allemands et 59% et 51% pour les Anglais.

Selon le baromètre 3Mundi/Déplacements Pro, 57% des voyageurs français estiment que les déplacements professionnels sont nécessaires au développement économique de leur entreprise. Mais 21% de ces mêmes voyageurs estiment qu’ils auraient pu être remplacés par une visio-conférence ou un échange téléphonique.

A la question « quels services d’une agence de voyages seraient parfaits ? », 42% des voyageurs d’affaires répondent « faire gagner du temps » selon une étude réalisée par Havas Voyages auprès de 1052 personnes. 27% répondent « faire réaliser des économies », 26% « résoudre d’éventuels problèmes » et 21% « aider à être plus serein ».

Les compagnies à bas prix représentent désormais 26% des dépenses aériennes des entreprises françaises contre seulement 10% en 2008 selon une étude Xerfi consacrée au voyage d’affaires.


3 questions à Michel Dieleman, président de l’AFTM (Association française des travel managers)

1) Comment se comporte votre secteur d’activité en 2015 ?

Sans éluder les mutations liées au phénomène « low-cost » l’activité travel management ne peut rester insensible à l’émergence des évolutions des secteurs « hôtelier » et « location de véhicules » : Air B&B, Booking.com, Uber, pour ne citer que ces prestataires. L’adaptation à ces nouvelles offres est nécessaire afin de garantir la maîtrise du domaine placé sous la responsabilité des Travel Managers et Acheteurs des entreprises et administrations.

2) Quelle est, selon vous, l’évolution la plus marquante de votre secteur (consommateur, réglementation, nouveaux acteurs…) lors des douze derniers mois ?

Je viens de répondre en partie à cette question mais il est sans doute utile de distinguer l’intermédiation que je qualifierai de BtoC, très prégnante pour la construction d’un voyage personnalisé et celle, largement répandue au sein de l’industrie des déplacements professionnels, donc plus BtoB qui apparaît en fin de « cycle ». Les TMC, les GDS, entre autres,  sont en train de redessiner leurs offres en fonction de ces rapides évolutions dont la marche en avant est inéluctable. A suivre…

3) Quels sont les deux défis majeurs auxquels votre secteur est confronté ?

La sécurité des voyageurs d’affaires demeure un défi important pour les entreprises. La sécurité des données « Travel » devient une préoccupation importante sinon un enjeu. Parallèlement, des tendances qui sont appelées à durer et à bouleverser les codes traditionnels de l’industrie des déplacements pro (Open Booking, Bleisure, désintermédiation, etc.) accompagnées de réformes règlementaires (ex : fin de la parité tarifaire) vont pousser les acteurs du Travel à respectivement réinventer leurs missions et leur positionnement. La Travel Industry 3.0 est en marche…